Styles de présentation : conseils d’experts pour mettre en valeur vos idées

par Mike Sharkey

Quel que soit le type de présentation, un argumentaire de vente, une communication interne ou une formation, l’objectif est de marquer les esprits. Nous avons des conseils d’experts pour vous aider à donner des présentations qui captiveront votre auditoire.

Méthodes de présentation

Les styles de présentation font l’objet de nombreuses théories. Cela n’est pas surprenant, car les présentations représentent un aspect essentiel de la communication d’entreprise. Les techniques de présentation sont très variées. Vous pouvez aussi bien enchaîner rapidement plusieurs diapositives remplies de statistiques qu’adopter une approche plus narrative basée sur des anecdotes pour capter l’attention de votre audience.

Mais bien qu’il soit utile de connaître ces différentes méthodes, les mêmes questions subsistent sur ce qui fait vraiment la réussite d’une présentation. Comment atteindre les objectifs de la présentation ? Comment établir un lien avec l’audience ? Comment l’impliquer et éviter qu’elle ne s’ennuie ? Voici l’avis de nos experts.

Déterminez l’objectif de la présentation

Avant de peaufiner vos diapositives ou de répéter votre texte devant le miroir, prenez un peu de recul pour réfléchir à l’objectif que la présentation doit vous permettre d’atteindre.

Jesse Evans, qui se définit comme un geek de la formation et de la sensibilisation client chez Workplace, connaît son sujet. « Lorsque vous donnez une présentation ou un cours, vous êtes dans un rapport de persuasion avec les participants. Vous essayez de modifier leurs comportements. C’est toujours votre objectif. Une fois que vous avez fini, vous voulez qu’ils changent leur façon d’agir ou de penser. »

David Bliss, fondateur de la société de formation et de coaching Brunel Harper, est du même avis. « Vous devez connaître le cheminement de votre présentation. Quel est votre but ? Quels sentiments voulez-vous inspirer ? Quelles réactions voulez-vous obtenir à la fin de la présentation et comment vous assurer que c’est bien le cas ? »

Une fois que vous avez répondu à ces questions, vous pouvez commencer à travailler sur votre présentation.

Ne faites pas tourner la présentation autour de vous

Tout intervenant se demande toujours comment il doit se présenter, quelle image il donnera de lui et quelles techniques de présentation utiliser. Il est toutefois contre-productif d’accorder trop d’importance à ces questions selon les experts.

Les longues introductions sont notamment à proscrire. Elles n’intéressent personne. Jesse recommande de donner juste assez d’informations pour montrer que vous êtes crédible et que votre avis mérite d’être écouté, puis de laisser vos arguments et votre manière de présenter faire le reste.

C’est également ce que pense David. « Une présentation doit principalement tourner autour de l’audience. Trop souvent, les présentations finissent par s’étendre uniquement sur l’expérience et les savoir-faire de l’orateur ou de l’entreprise. Mais lorsque vous donnez une présentation à un auditoire, celui-ci s’intéresse uniquement aux informations qu’il lui importe de comprendre. Tout le monde sait déjà que vous avez de l’expertise et des compétences. »

Posez des questions. Écoutez. Répondez

D’après Jesse, « l’une des règles les plus importantes à connaître, c’est que vous ne devez jamais donner des informations qu’un participant aurait pu donner à votre place ». Pour délier les langues, vous devez poser des questions, mais surtout vous devez créer un espace sûr dans lequel chacun se sentira à l’aise de participer. Encouragez les participants à prendre la parole et laissez-leur le temps d’apporter des réponses. Jesse recommande de suivre la règle des « sept secondes ». « Posez une question, répétez-la et laissez toujours au moins sept secondes aux participants pour y répondre. Ne vous précipitez pas non plus sur la première réponse qui vient juste par soulagement. »

Si les participants rechignent à l’exercice et que vous donnez une présentation virtuelle, n’hésitez pas à vous appuyer sur la discussion privée. Abordez les questions qui y sont posées (même s’il n’y en a encore aucune) pour encourager les spectateurs à s’impliquer.

Une fois qu’ils commencent à s’exprimer, validez leurs participations. Jesse explique qu’il faut toujours répondre aux participants et aller dans leur sens en les nommant. Au bout d’un moment, ils commenceront à se sentir mieux et seront plus susceptibles de prendre des risques.

Réfléchissez également à la façon dont vous répondez. « Aiguisez votre sens de l’écoute et surtout réutilisez le langage de votre audience, conseille David. Ne le réinterprétez pas ! En utilisant les mots de la personne qui a posé la question, vous lui montrez que vous l’avez écouté avec attention. »

Faites preuve de flexibilité pendant la présentation

Le grand jour est arrivé. Votre travail d’équipe est au point et vous avez passé des heures à répéter. Mais alors que tout semble se passer pour le mieux, le client potentiel pose une question inattendue. Vous pensez que c’est un problème ? Ce n’est pas nécessairement le cas, selon David. Pour réussir, il faut savoir négocier les changements de sujet.

« Je dis toujours qu’il faut encourager l’interaction très tôt dans la présentation pour que l’audience demande ce qu’elle souhaite vraiment savoir. Et ce n’est pas toujours les questions auxquelles vous vous étiez préparé(e), raconte-t-il.

Les équipes qui restent à l’affût de la moindre indication verbale et qui cherchent à s’adapter à chaque instant aux questions que pose le client sont souvent celles qui remportent le contrat au motif de leur flexibilité. Elles sont à l’écoute. Elles se concentrent sur ce qu’on leur dit plutôt que sur ce qu’elles avaient prévu de dire. »

N’utilisez pas PowerPoint comme podium pour votre présentation

À un moment ou un autre, tous les orateurs se penchent, beaucoup, sur leurs diapositives. Comment vous assurer qu’elles mettront en valeur votre présentation sans la tirer vers le bas ?

« L’objectif de PowerPoint est d’afficher des supports visuels et d’aider l’audience à retenir les concepts clés. Vous ne devez pas vous en servir comme un script. » Jesse insiste sur ce point. « Une présentation PowerPoint est comme un podium. Elle peut mettre en valeur votre discours si vous l’utilisez bien, mais la plupart des gens restent bloqués dessus et deviennent statiques. Ils n’utilisent pas tout leur espace et ne réussissent ainsi pas à capter véritablement l’attention. Mais le problème ne vient pas de PowerPoint, il vient de l’utilisation qui en est faite. »

La clé est de ne pas surcharger l’audience avec des diapositives excessivement compliquées.

Jesse explique qu’il faut utiliser les diapositives pour marquer des points dans le temps et amorcer les questions. « L’encombrement visuel est un véritable problème. Limitez donc le nombre d’éléments visuels, en particulier lorsqu’il s’agit de mots, sur une diapositive et laissez suffisamment d’espace vide pour que le cerveau puisse se concentrer uniquement sur les éléments importants. »

Penchez-vous sur les techniques de présentation

Quelle que soit votre approche globale, vous pouvez vous appuyer sur un petit nombre de techniques éprouvées pour transmettre votre message.

Par exemple, pour démontrer une prise de décision, Jesse recommande le format « je fais, nous faisons, vous faites » Commencez par présenter le processus et expliquer votre raisonnement. Étudiez ensuite avec l’audience un scénario appliqué qui implique ce processus de prise de décision. Enfin, laissez l’audience imaginer d’elle-même un second scénario et servez-vous des questions pour vous assurer qu’elle arrivera à la bonne conclusion et pour les bonnes raisons.

Vous pouvez également opter pour une approche problème-solution :

  • Réfléchissez aux comportements que vous voulez changer.
  • Encouragez l’audience à vous confier les problèmes qu’elle veut résoudre.
  • Présentez les comportements que vous visez comme la solution à ces problèmes.

Par exemple, dans ses formations en matière de présentation, Jesse explique qu’il demande aux participants les éléments qui rendent une présentation ennuyeuse. « Repensez aux présentations virtuelles auxquelles vous avez participé et aux actions de l’orateur qui ont nui à l’expérience. »

« Une fois que les participants vous ont énoncé leurs problèmes, tout le monde est sur la même longueur d’onde. Vous pouvez alors leur présenter ce nouveau changement de comportement et leur expliquer en quoi celui-ci constitue une solution à un problème qu’ils ont établi eux-mêmes comme légitime. »

N’ayez pas peur des présentations virtuelles

La pandémie a transformé notre façon de donner des présentations. Nous nous sommes soudainement retrouvés face à un écran plutôt qu’à une salle de conférence. Ce nouveau cadre n’est pas juste différent, il peut être propice.

« Tout le monde peut s’exprimer, explique Jesse. Vous avez une fenêtre de discussion. N’importe qui peut participer et poser une question pour obtenir de l’aide. Cela signifie que vous pouvez interagir davantage avec l’audience, mais également que vous devez changer votre approche. »

« Je pense que la plus grande erreur que vous puissiez commettre dans une présentation virtuelle, c’est d’annoncer qu’une séance de questions/réponses aura lieu à la fin de la présentation et de demander aux spectateurs d’attendre ce moment pour poser leurs questions. C’est une erreur très courante. »

Pour éviter que cela ne se produise, vous avez besoin d’un assistant qui relèvera les questions dans la discussion. D’après Jesse, « vous avez besoin d’un volontaire pour 50 participants. J’ai donné des présentations devant des milliers de personnes et j’avais une petite armée de spécialistes qui s’occupaient des questions au fur et à mesure. Vous pouvez ainsi offrir une expérience concluante à chaque participant, même lorsqu’ils sont plusieurs milliers. »

Lorsque vous donnez une présentation virtuelle, vous êtes votre propre metteur en scène. Posez donc un cadre adéquat. « Vos yeux et votre tête doivent être au même niveau que ceux de l’audience, conseille David. Vous devez pouvoir regarder directement la caméra. Il est très important d’être éclairé(e) dans deux directions pour éviter les ombres. Votre arrière-plan doit être neutre. Les spectateurs ne doivent pas se demander quels livres traînent sur l’étagère ou trouver que votre plante aurait besoin d’être arrosée. »

« Élevez légèrement votre langage corporel. Utilisez-le pour mettre l’accent sur certains points et assurez-vous qu’il est bien visible. »

Restez vous-même pendant la présentation

Quelles que soient les techniques que vous employez, la réussite d’une présentation dépend en partie de votre crédibilité et de votre authenticité en tant que personne. Mais comment trouver votre propre style de présentation ?

« Un des aspects clés de toute présentation, c’est la confiance accordée à l’intervenant, explique David. Nous avons davantage tendance à faire confiance à quelqu’un dont nous voyons toutes les petites manies qu’à quelqu’un qui semble jouer un rôle. »

« La communication et l’art de présenter des idées ne sont pas des sciences exactes. Il y a des points techniques qui vous permettent de gagner en éloquence et en fluidité, mais il s’agit juste d’habitudes. Ce n’est pas très différent de conduire une voiture. »

« La clé ne réside pas dans les compétences techniques, comme les déplacements, la gestuelle et l’intonation de la voix. Le premier obstacle que vous devez franchir, c’est de comprendre que votre présence est justifiée. Si ce n’est pas le cas, si vous avez l’impression d’être un imposteur ou si vous avez une once d’incertitude, vous devez régler ce problème en priorité. »

« Je trouve qu’il y a toujours un écart étrange entre les techniques que nous savons efficaces et celles qui font écho avec nous, raconte Jesse. Si vous avez de la chance, il y a très peu de différence entre les deux. Il est très important de mettre au point votre propre style, car l’audience saura repérer le moindre manque d’authenticité. Mais avant cela, il est crucial d’apprendre les méthodes qui marchent vraiment. »

« Nous entendons trop souvent que toutes les méthodes se valent. Mais c’est faux. Certaines sont efficaces, d’autres non. Certaines peuvent fonctionner sur une personne, mais pas sur une autre. Dans tous les cas, il y a quelques éléments mécaniques à connaître. »

« Vous devez donc commencer par déterminer une méthode qui marche, puis trouver un moyen d’y ajouter votre touche personnelle. »

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